Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 18 août 2014

L'Oréal teste-t-il les cosmétiques sur les animaux?

cosmétique,test sur les animaux,santé,l'oréal,episkinOfficiellement, "L’Oréal ne teste plus aucun de ses produits ou ingrédients sur l’animal, et ce partout dans le monde. [Le groupe] ne délègue pas non plus cette tâche à d'autres. Une exception pourrait être tolérée si une autorité l’exige à des fins sécuritaires ou réglementaires"(1).

 

Relativisons. L'engagement respecte en ce sens les réglementations européennes, interdisant depuis 2004 tout test sur les animaux pour les produits finis, puis les tests pour les ingrédients en 2013 (2). Pourquoi tant de décalage entre les deux directives? Une des raisons invoquées a été de pouvoir proposer des méthodes alternatives de test répondant aux standards de l'ECVAM (European Centre for the Validation of Alternative Methods), organisme officiel créé en 2011. Gageons qu'entre 2004 et 2011, des troupeaux de lobbyistes ont du faire tout leur possible pour freiner les procédures.

 

Toujours est-il que L'Oréal a longtemps souffert d'une mauvaise presse en matière de tests sur les animaux... Or,  le groupe s'est préparé depuis longtemps pour tirer son épingle du jeu. Dès 1989, des protocoles d'évaluations dites "prédictives" étaient mis en place, permettant de ne plus tester les produits finis sur les animaux (soit 14 ans avant la Directive européenne). Restaient les ingrédients... en 2011, le groupe lançait le centre Episkin près de Lyon (ça tombe bien, c'est la même année que la création de l'ECVAM), une plateforme de recherche entièrement dédiée à la reconstruction de tissus humains pour évaluer la sécurité des substances appliquées. Ce n'est donc finalement qu'en 2013 que le groupe annonçait officiellement ne plus tester les ingrédients sur les animaux (ce qui implique l'engagement de près d'une centaine de filiales). Les mauvaises langues diront qu'ils se sont contentés de respecter la législation européenne qui entrait en vigueur cette même année... mais à leur décharge, l'engagement portait sur le monde entier, où cette réglementation ne s'appliquait pas.

 

Pour être transparente avec vous, j'ai été conviée à visiter Episkin fin mai (oui, je sais, je ne suis pas pressée pour écrire...) - fort intéressant je dois dire. Imaginez: 140 000 unités de tissus sont reconstruits par an (épiderme, derme, cornée oculaire...) à partir de déchets opératoires. D'autres centres ouvrent petit à petit dans le monde pour disposer de divers types de peau (peau asiatique, noire...), car leurs caractéristiques et leurs réactions diffèrent. Ces disques de tissus vivants servent à évaluer des milliers d'ingrédients. Je regrette cependant que ces derniers soient testés un par un, sur du court terme (impossible de mesurer les effets d'ingrédients sur plusieurs mois et encore moins un cocktail de produits) - un problème commun à tous les secteurs recourant à des produits chimiques, pas seulement les cosmétiques. Petite présentation d'Episkin:

 

Reportage (en anglais) tourné par la chaîne Bloomberg en 2011 sur Episkin

cosmétique,test sur les animaux,santé,l'oréal,episkin

Comment recréer l'épiderme: cliquez l'image pour l'agrandir (désolée, uniquement en anglais) (3)

 

Pas fou - les investissements représentent 30 millions d’euros par an, L'Oréal propose ces épidermes reconstitués à la vente (Bloomberg TV mentionne 55 euros le disque en 2011).

 

Au vu de l'infrastructure hyper protégée high tech, on peut légitimement se demander comment certaines entreprises procédaient avant 2013, voire 2004, qui affirmaient ne tester ni les ingrédients, ni les produits finis sur les animaux (Body shop racheté par L'Oréal en 2006, Yves Rocher, Weleda...). Mais... en creusant, il apparait très vite que l'opacité règne bien souvent, à la plus grande confusion des consommateurs.

 

Pour preuve, les listes de marques conseillées respectant les animaux varient d'une association à une autre. Yves Rocher est listé par l'association One Voice (voir la liste de produits labellisés garantissant qu’un produit n’a pas été testé sur les animaux) mais pas Body Shop. C'est exactement le contraire avec le label Humane Cosmetics Standard (HCS) de l'association Gaïa. Pratique!!! (mais plusieurs marques figurent dans les deux, à bon entendeur...).

 

Ne noircissons pas le tableau toutefois. Un groupe comme L'Oréal a d'énormes moyens financiers, certes... mais c'est une machine monstrueuse à mouvoir. J'ai pu constater avec plaisir que certains de ses représentants sont tout aussi motivés que vous et moi à vouloir bien faire. Mais là où au sein d'une PME, il suffit parfois d'un seul directeur de département montant au front pour transformer des process, ce n'est pas le cas dans une multinationale. Et rappelez-vous, le propre de toute entreprise est de combler les attentes du consommateur. A lui de faire pression car au final, c'est lui qui a le dernier mot... dans son panier d'achat.

 

Reste la dernière phrase de l'engagement de L'Oréal citée en tête d'article: "Une exception pourrait être tolérée si une autorité l’exige à des fins sécuritaires ou réglementaires". C'était le cas de la Chine, qui obligeait d'effectuer des tests sur des animaux pour des produits vendus sur son territoire. Le gouvernement vient tout juste de supprimer cette obligation cet été. Il n'est pas impossible que L'Oréal ait joué un rôle dans cette décision, mettant en avant sa technologie (voir à ce titre le reportage sur CCTV). Si influence il y a eu, seul un groupe avec une telle force de frappe pouvait réussir - les animaux chinois apprécieront et nous avec. Malheureusement, il n'est pas interdit que d'autres pays aient des exigences similaires...

 

Sites officiels: www.episkin.fr et son Centre d'évaluation prédictive: www.lorealpredictive.com

--
Sources
(1) Site du groupe: Engagement de L'Oréal contre les tests sur les animaux
(2) Pour plus d'info, consulter la page dédiée sur le site de la Commission Européenne
(3) Source du diagramme: New Scientist

mardi, 12 août 2014

#VenezVerifier Fleury Michon : c'est fait!!!

surimi,fleury michon,chalutier,venez vérifier,poisson,colin,alaska,Dutch Harbor

 

Durant 3 mois, j'ai participé en tant que blogueur à la campagne #VenezVerifier de Fleury Michon, visant à démontrer la qualité de son surimi (voir article "Fabrication du surimi: des additifs à la pêche durable"). Dans ce cadre, des blogueurs ont été conviés à observer tout le processus de fabrication, de la pêche du colin d'Alaska au produit final - l'entreprise faisant le pari osé d'ouvrir les portes de ses usines et d'embarquer quelques blogueurs (dont j'ai fait partie) à bord d'un chalutier. Premiers retours sur une aventure humaine extraordinaire.

 

Un groupe agroalimentaire qui ouvre ainsi ses portes, c'est à la fois passionnant et absolument exceptionnel (j'en sais quelque chose, le blog vient de fêter ses 9 ans d'existence). Or, cela tombait bien, j'avais constaté peu avant le lancement de la campagne qu'effectivement, le surimi de Fleury Michon n'avait aucune cochonnerie contrairement à la concurrence. J'ai donc tout de suite été prise au jeu d'en savoir plus. Après la visite d'usine en Vendée (fabrication du surimi à partir des pains de poissons), restait le principal: la pêche et la transformation du poisson en pains.

 

Si une trentaine de blogueurs étaient présents au démarrage, impossible financièrement d'emmener tout le monde sur un chalutier au beau milieu du Pacifique. Mais au fur et à mesure de l'avancée de la campagne, seule une petite quinzaine de blogueurs participaient au stage de survie en mer - étape obligatoire avant sélection finale (voir article "Tout va bien, je suis dans un radeau de survie!").

 

Au delà de passer le stage avec succès, le choix définitif des 6 blogueurs retenus a surtout reposé sur leur motivation et leur diversité: une blogueuse culinaire, un nutritionniste, 2 blogueuses famille/maman, un du marketing et moi de l'environnement. Pas de favoritisme en fonction d'éventuels kilos d'éloges, je suis la première à pouvoir l'attester!

 

surimi,fleury michon,chalutier,venez vérifier,poisson,colin,alaska,Dutch Harbor

 

Nous sommes donc partis début juillet pour Seattle, point de chute où siège le Genuine Alaska Pollock Producers (GAPP) - l'organisme regroupant les pêcheries de Colin ("Pollock", en anglais). Puis direction Dutch Harbor en Alaska, principal port de pêche des États-Unis situé au milieu des Îles Aléoutiennes, entre le Pacifique et la mer de Bering (voir la carte). Nous avons passé une journée en mer sur un chalutier de la compagnie Trident Seafood pour assister aux remontées des filets et observer les conditions de pêche. Enfin, nous avons visité une des usines de transformation du poisson en pains congelés (celle d'UniSea), qui sont ensuite acheminés en Vendée pour fabriquer le surimi.

 

Je reste bluffée par l'opération de Fleury Michon. Évidemment, on trouvera toujours à redire, tout n'est pas rose quand on prélève des milliers de tonnes de poissons arrachés à la mer. Mais leur volonté de transparence doit être saluée. Ma seule présence en blogueuse environnement (sujet hautement plus sensible dans ce contexte que les thèmes culinaire, maman ou marketing) en sont une belle preuve.

 

Ces 8 jours d'aventure ont été tellement riches d'enseignement et de découvertes que je vais prendre un peu de temps pour rendre compte de mon analyse. Je vous donne donc rendez-vous à la rentrée. Restez à l'écoute!

lundi, 30 juin 2014

Comment British Airways a égaré ma belle-mère...

British_Airways_customer_review.jpg

Exceptionnellement, j'use du blog pour dénoncer le comportement inadmissible de British Airways. Ou comment ma belle-mère, bénéficiant d'une assistance médicalisée, a été oubliée dans un aéroport, y a passé une nuit sans hôtel, ni eau, ni nourriture et mis 78h à rejoindre la Nouvelle-Calédonie où elle réside, au lieu des 36h initiales - le tout, sans prévenir sa famille. Il faut le lire pour le croire, tellement British Airways a cumulé d'erreurs.

 

Tout a commencé mercredi 25 juin dernier. Belle-maman prenait un avion de la British Airways (BA) en partance de Paris pour Heathrow (Londres), avec ensuite une connexion pour Sydney puis un Sydney-Nouméa. Quittant la France à 19h40 le mercredi, elle devait arriver à 7h50 le vendredi (heure de Paris), soit 36h de voyage au total. Et oui, faut être motivé pour aller à l'autre bout du monde... 

 

Oubliée dans la mauvaise salle d'attente

Ayant du mal à marcher et bénéficiant d'une aide médicalisée, elle est prise en charge toute la durée du voyage, conduite en fauteuil roulant d'un point à un autre. Arrivée à Heathrow, elle est emmenée en fauteuil dans une salle d'attente pour embarquer sur le vol de Sydney 1h30 plus tard. Ne voyant personne revenir au bout d'une heure, belle-maman demande de l'aide, cherchant désespérément quelqu'un comprenant le français (elle ne parle pas un mot d'anglais). Le temps de trouver un anglais comprenant la situation, l'embarquement est clos, elle rate son avion. [Nous avons su 3j plus tard ce qu'il s'est passé: le personnel de BA s'est trompé d'embarquement, la conduisant dans la mauvaise salle puis oubliant son existence!]

 

Un nouveau plan de route psychédélique

Retrouvant péniblement quelqu'un parlant français pour lui refaire son plan de route (à 22h, dans le plus grand aéroport d'Europe, personne n'est fichu de trouver un interprète, d'appeler la permanence de l'ambassade ou ne serait-ce que demander gentiment à un collègue d'Air France d'intervenir...), surprise: British Airways la fait partir le lendemain à 16h pour Los Angeles, puis Auckland, un véritable chemin des écoliers!!! Regardez sur une carte: de Los Angeles, la Nouvelle-Zélande est bien plus loin que la Calédonie. Bref, cela revient à passer par Dubai pour arriver à Berlin de Paris... Nouvelle arrivée prévue samedi 28 à 1h50 (heure de Paris) avec 18h de retard. A Heathrow, il est alors minuit. BA lui propose un hôtel à une trentaine de kilomètres de l'aéroport en lui disant qu'elle doit s'y rendre par ses propres moyens et revenir le lendemain. J'hallucine! Je rappelle qu'elle était sous assistance médicalisée, ne parlant pas un mot d'anglais. Trop inquiète, elle décide de passer la nuit sur place. La compagnie ne lui offre ni aide, ni eau, ni nourriture, ni ne lui propose d'appeler ses proches. Cerise sur le gâteau, BA n'a même pas la décence de la surclasser, pourtant conscients de leur responsabilité.

 

Prévenus par une amie le jeudi à 15h

Le lendemain jeudi, la maman réussit à appeler une amie travaillant dans une agence de voyage en France, qui nous prévient. Tout ce que nous savons alors est que la maman a raté sa connexion, passé la nuit à l'aéroport et repart via les USA par un vol à 16h ce jour. Immédiatement, nous tentons d'appeler la BA. Heathrow ne répondant pas, nous finissons par joindre une responsable à Paris au bout d'une heure. Impossible d'en savoir plus sur le plan de route, sauf à annoncer une arrivée le samedi. Elle reconnait que British Airways a commis une erreur (cf.l'enregistrement de la conversation ci-dessous). Ce sera notre seul contact avec la compagnie jusqu'à l'arrivée 3j plus tard... 
podcast
A son invitation, nous envoyons dans la foulée un mail au service clientèle - seul moyen de contact (quelques tweets ravageurs à British Airways n'ont eu comme seule réponse le lien vers le même formulaire client. Aucune excuse, aucune message privé. Magnifique sens de la relation client).

 

Vendredi 27: toujours sans nouvelle

L'amie a appris que la maman passait par Los Angeles. Nous n'en saurons pas plus. BA nous renvoie un mail générique accusant réception de notre réclamation. Silence radio ensuite...

 

C'est pas fini... arrivée encore repoussée au dimanche

Rebondissement samedi matin: tandis que belle-maman devait arriver au petit matin, son amie nous appelle en informant qu'elle est dans un hôtel à Auckland et nous donne le numéro. Passons l'accent kiwi de l'hôtel pour comprendre que, et le nom du passager et le numéro de chambre avaient été égratignés quand BA a transmis les infos et, Ô miracle, nous parlons enfin à belle-maman!!! En fait, son vol de Los Angeles est arrivée en retard, ratant sa connexion pour Nouméa. Elle doit donc partir le lendemain à 3h (heure de Paris), pour une arrivée à 6h. Ouf?

 

C'est pas fini (comme la pub, hein?)

De retour à l'aéroport d'Auckland, re-surprise. Air Calin (qui assure le vol jusqu'à Nouméa) exige que la maman paye son billet (670 euros), sinon pas question d'embarquer!!! Son sang ne fait qu'un tour, menaçant de rester à l'aéroport car elle ne payerait pas. Après d'âpres discussions, ils finissent par l'embarquer... Sous assistance médicalisée, avec des traitements à prendre, un problème de ligament aux chevilles qui l'interdisent de marcher longtemps, ma belle-maman aura mis 78h pour arriver à destination, soit plus du double que prévu.

 

A cette heure, toujours aucun signe de vie de British Airways, d'où cet article. Bien sûr, nous allons porter plainte, mais je compte sur vous pour partager cet article autant que possible afin que cette histoire ne se reproduise pas.

 

jeudi, 12 juin 2014

Tout va bien, je suis dans un radeau de survie!

océan,sauvetage en mer,snsm,fleury michon

 

En avril dernier, j'annonçais participer à la campagne #VENEZVERIFIER de Fleury Michon, invitée en tant que blogueur à décrypter le processus de fabrication de son surimi. Après la visite de l'usine de fabrication en Vendée, la campagne va bientôt s'achever à bord d'un chalutier en Alaska où 5 blogueurs sélectionnés remonteront jusqu'à la source : la pêche du poisson. En préparation à cette dernière étape, Fleury Michon a organisé un stage de survie en mer sous la houlette de la Société Nationale de Sauvetage En Mer (SNSM) - des gens extraordinaires. 

 

La SNSM, quézako?

Association reconnue d’utilité publique, la SNSM réunit 7000 bénévoles (opérationnels et cadres) et une poignée de salariés répartis dans 221 stations de sauvetage en France métropolitaine et outre-mer, 273 postes de secours sur les plages et 31 centres de formation.


Le jour où vous vous noyez ou que votre bateau coule, c'est eux qui viennent vous secourir.

Mais oubliez illico les images d'Alerte à Malibu (je parle du matériel high tech flambant neuf, bien sûr). Près de 75% des financements de l'asso reposent sur des fonds privés. Même le véhicule venu nous chercher était subventionné par Les Mousquetaires! Il est choquant d'apprendre que contrairement aux pompiers volontaires indemnisés, les bénévoles de la SNSM ne touchent pas un kopeck. Trouver des recrues devient un tour de force pour gérer des centres de sauvetage 7j/7, augmentant les contraintes sur chacun, rendant le recrutement encore plus dur. La boucle est bouclée.

Or, aucune alternative financée par l'État n'existe tandis que la SNSM doit perdre son temps à courir après des fonds pour survivre... elle qui veille précisément à notre survie, c'est un comble!

Les chaussures pour nager, c'est pas le pied...

Tout a commencé par une belle matinée ensoleillée avec une petite troupe de blogueurs encadrés par la formidable équipe de la SNSM du Havre. Après un démarrage "en douceur" (200m nage libre puis 50m nage chronométrée...), nous enchaînons avec un 50m chrono tout habillé. Ben oui, vous tombez rarement d'un bateau en bikini.

Je vous invite à tenter l'expérience : oubliez tout ce qu'on vous a appris, vos jambes ne servent plus à rien. Vraiment. Seuls vos bras vous font avancer, c'est déroutant et l'énergie décline rapidement (1).

Comment ressembler à un surimi géant

Un déjeuner plus tard, nous partions en vedette, après avoir enfilé une combinaison de surimi géant survie, arnachés tels des casimirs en gants de cuisine moufles. C'est la que la torture l'exercice a commencé. Le bateau stoppé en travers au large (histoire de prendre tous les creux de vague à l'arrêt), nous avons été conviés à descendre dans la cale pour taper la causette... enfermement et ballotement, l'idéal pour le mal de mer. Certains surimis sont devenus livides... Puis nous sommes remontés sur le pont, en nous demandant quelle mouche nous avait piqués de venir à ce stage.

A bord du radeau de la Méduse survie

Après le lancement d'une valise blanche de 30kg qui s'ouvre d'un coup de tirette, déployant le radeau en une fraction de secondes, restait plus qu'à sauter du pont et nager jusqu'à lui, habillé en casimir. Il faut dire que la combinaison est hallucinante: plutôt légère, on reste au sec, isolé du froid, en flottant comme une bouée. Le hic est que... nager est une autre paire de moufles manches. Sur le dos (obligatoirement puisqu'on flotte), seuls les bras permettent de se mouvoir, avec la sensation (bien réelle) de faire du surplace - voire de reculer. Puis il faut se hisser à bord. Sans impulsion ni appui (hormis une sangle ballotant sous l'eau), mieux vaut en avoir dans les bras et les jambes !

Viennent alors les joies d'être enfermé assis dans un truc qui pue le plastique, subissant chaque creux de vague en dérivant au large. Comment vous dire... pas un blogueur ne s'en est sorti indemne, finissant au minimum barbouillé. Sans surprise, la 1ère règle inculquée à bord (après avoir détaché le radeau du bateau) est de prendre un comprimé contre le mal de mer (présent dans le kit de survie en sus de l'eau, la nourriture, nécessaire de pêche, pharmacie et... jeu de cartes).

Après un temps paraissant interminable, il était temps de regagner le bateau revenu nous chercher (je vous rassure, 3 sauveteurs étaient en permanence avec nous). Histoire de ne pas être séparés, nous avons fait la chenille sur mer en calant nos pieds sous les aisselles du suivant. Épique...

Terre, que je t'aime...

Après être remontés sur la vedette, direction la bonne vieille terre ferme. Ouf. J'ai bien tenu le choc, même si l'odeur de plastique du radeau n'a vraiment pas aidé. Pourtant, malgré la fatigue et le côté sadomaso de la journée, aucun d'entre nous ne regrette. Comme disent les sauveteurs, ce type de stage fait prendre conscience de la dangerosité de la mer et notre vigilance n'en ressort qu'accrue. C'est inouï que l'exercice ne soit pas obligatoire pour les plaisanciers!

On se sent si petit et fragile en mer... aussi courte soit-elle, cette journée s'est révélée une belle aventure humaine et la gentillesse des sauveteurs du Havre y était pour beaucoup. Merci à eux, merci à Fleury Michon pour avoir rendu cela possible.

Bon et bien... il ne reste plus qu'à espérer être sélectionnée pour la dernière étape (mais sans mise en pratique du radeau en plein Pacifique, SVP merci).

 

--
(1) Dans certains pays comme les Pays-Bas, apprendre à nager habillé fait partie du cursus scolaire.

mardi, 13 mai 2014

Conso collaborative: découvrez ZenWeShare, l'outil 2.0 pour se faire confiance

consommation collaborative, économie, partage, confiance, zenweshare

Pour profiter de l'explosion de services liés à la consommation collaborative (revente d'objets, covoiturage, prêt de matériel, nuitées chez l'habitant...), il faut parvenir à faire confiance à des inconnus - une confiance qui doit toutefois être reconstruite pour chaque site. Bonne nouvelle! Ce côté fastidieux est en passe de disparaître grâce à un tout nouveau site: ZenWeShare.

La confiance est la clé de la réussite de l'économie collaborative. Au fur et à mesure des transactions et des échanges, vous bâtissez une réputation qui va inspirer de plus en plus la confiance des utilisateurs et accroître vos chances de collaborer. C'est un enjeu primordial.


Oui mais voilà, vous qui êtes connu comme le loup blanc pour votre sérieux sur blablacar (covoiturage) et Etsy (vente d'objets faits main), vous arrivez en mode newbie sur Airbnb (location de logement entre particuliers) et la méfiance règne. Ah, si seulement vous pouviez prouver aux usagers d'Airbnb que derrière le pseudo Petitloupdesplaines se cache un internaute dont la fiabilité est maximale sur blablacar et Etsy...


Et bien c'est exactement ce que fait ZenWeShare, une petite startup française qui a du flair! Le site est une plateforme qui vous permet de rassembler vos profils utilisateurs d'un nombre grandissant de sites collaboratifs. ZenWeshare vient tout juste de voir le jour et déjà, une vingtaine de plateformes ont déjà signé un partenariat (des poids lourds comme Amazon, Ebay, Priceminister, mais aussi Zilok, Ouicar, ceux précédemment cités...).


Le fonctionnement est enfantin: vous créez gratuitement un compte ZenWeshare puis via le site, vous vous connectez aux autres plateformes où vous disposez d'un compte. Vos notations sont alors rapatriées et rassemblées. Ne reste plus qu'à ajouter un lien vers votre profil ZenWeShare sur les nouveaux sites collaboratifs désirés pour asseoir votre réputation.


Tout le monde y gagne: vous, car vous récupérez votre réputation d'un site à l'autre, les plateformes collaboratives où les transactions sont encouragées et ZeWeShare, rémunéré grâce aux partenariats. Rappelons que ce service démarre mais à terme, il est déjà prévu que les plateformes partenaires puissent proposer d'afficher une vignette bien visible de façon automatisée, évitant aux utilisateurs de recourir à l'insertion manuelle d'un lien sur leur profil. De quoi rester zen...

Site officiel: www.zenweshare.com

mardi, 15 avril 2014

De retour des Terres de St Hilaire (1ère partie): l'agriculture raisonnée, pratique durable?

agriculture raisonnée,vignoble,vin,pesticide,agriculture biologique

Les Terres de Saint-Hilaire est un domaine viticole situé à une quarantaine de kilomètres d'Aix-en-Provence avec deux particularités: se vouloir plus respectueux de l'environnement et accueillir un Living Labs pour tester, notamment, des innovations technologiques dans les énergies renouvelables. J'ai visité ce lieu récemment avec Isabelle Guitton-Bernet, avocate et directrice d'Ecolex formation. Dans cette première partie, je laisse ma blogueuse invitée vous livrer ses impressions sur les pratiques viticoles du domaine. J'aborderai le Living labs la semaine prochaine.



« Se ressourcer, savourer, respirer… » est la devise de Sophie, son frère Philippe et Pierre Burel, père visionnaire, qui lègue cet immense domaine viticole en Provence s’étendant sur 1550 hectares de forêt, vergers et vignes. Le domaine propose également des logements (gites et chambres d’hôte), des espaces de réception, ainsi qu’un centre équestre, où les chevaux sont en semi-liberté.

 

Les cépages du domaine

Les vins des Terres de Saint-Hilaire (rouges, blancs et bien évidemment rosés) sont produits sur plus de 100 hectares de vignes. Après avoir beaucoup arraché de cabernet-sauvignon (rouge), peu utilisé dans l’appellation d’origine contrôlée Coteaux Varois en Provence dont fait partie le domaine, Philippe Burel et le maître de chai, Jean-Philippe Manzoni, ont fait le choix de replanter des cépages variés et exigeants : grenache, syrah, cinsault, carignan, mais aussi rolle et clairette, plus atypiques. Leurs objectifs : produire principalement du rosé et équilibrer les cépages en recherchant les parcelles les plus adaptées. En accord avec leurs objectifs, ils se sont inscrits dans une démarche "raisonnée".

 

Qu’est-ce que l’agriculture raisonnée ?

En France, l’agriculture raisonnée a son décret depuis 2002 qui nous livre la définition suivante : « Les modes de production raisonnés en agriculture consistent en la mise en œuvre, par l'exploitant agricole sur l'ensemble de son exploitation dans une approche globale de celle-ci, de moyens techniques et de pratiques agricoles conformes aux exigences du référentiel de l'agriculture raisonnée » (1).

 

Le référentiel en question comporte plus d’une centaine d’exigences nationales telles que:
- réaliser des analyses de sol
- assurer une diversité des cultures sur la superficie agricole utile de l'exploitation
- réaliser des observations sur l’état sanitaire des cultures, dans des parcelles représentatives de l’exploitation (contrôles visuels, piégeages…) en préalable à d’éventuels traitements.

Sur le domaine viticole, cela consiste notamment à compter les vers de la grappe pour éviter de réaliser un traitement insecticide non justifié.

 

Contrairement à l'agriculture biologique, l'agriculture raisonnée utilise les mêmes techniques et les mêmes produits que l'agriculture conventionnelle, y compris les produits chimiques de synthèse. Mais uniquement si cela s'avère nécessaire (2).

 

Un mode de culture qui ne fait pas l’unanimité

La critique récurrente de ce mode de culture est que le référentiel manquerait de rigueur et de précision : il serait trop général. La majorité des exigences du référentiel ne sont en effet qu’un rappel pur et simple de la loi.

 

Si le choix de l’agriculture raisonnée est fait par l'exploitant pour des raisons commerciales, de communication ou de contrôle des coûts, la protection de l’environnement ne sera évidemment qu’un prétexte et ce choix aura au final des effets limités pour la sauvegarde de la biodiversité. En revanche, si ce référentiel est appliqué par un agriculteur qui résonne "respect de la nature et du vivant", cet objectif sera atteint.

 

De ce fait, la seule certification "agriculture raisonnée" ne suffit pas. Il est fondamental pour l’amateur de vin soucieux de la protection de l’environnement et de sa santé, de connaître le viticulteur et la propriété. En clair: allez déguster ! Au-delà de la vérification indispensable de la qualité du vin, ce sera l’occasion de dialoguer avec le vigneron et de l’interroger sur ses motivations et sa vision par rapport à cette démarche environnementale.

 

Une démarche éco-responsable

L’accueil au domaine de Saint-Hilaire est chaleureux et Philippe Burel aime ses terres. Son exploitation est certifiée par le label Terra Vitis reconnu par le Ministère de l’agriculture comme étant une démarche bénéficiant de la certification environnementale (3).

 

Il fait un usage modéré des traitements chimiques. Il sélectionne les produits les moins dangereux pour la biodiversité et ne recourt avant la récolte qu'à des traitements biologiques. Son vin est analysé tous les ans et notre vigneron affirme qu'il ne présente aucune trace de pesticides. L'homme est curieux et entreprenant, il souhaiterait à terme s’initier à la biodynamie et à la permaculture. On le prend au mot, son vin est bon, nous reviendrons !

 

Cliquez pour en savoir plus sur la démarche durable du domaine.

Auteur: Isabelle GUITTON-BERNET
Crédit photo: Angélie BARAL

--
(1) Décret n°2002-631 du 25 avril 2002 relatif à la qualification des exploitations agricoles au titre de l'agriculture raisonnée; Les exploitations sont auditées par des organismes certificateurs agréés par arrêté ministériel qui sont aujourd’hui au nombre de 14 (accédez à la liste et coordonnées).
(2)Pour aller plus loin, lire "L'agriculture raisonnée souhaite convaincre et être reconnue", Actu-Environnement (13/01/06)
(3) Conformément à l’article D617-3 du Code rural

lundi, 07 avril 2014

Fabrication du surimi : des additifs à la pêche durable?

pêche, surimi, alimentation, poisson, Fleury Michon, Venez Vérifier

J’ai longtemps pensé que le surimi était un ersatz de poisson fabriqué à partir de résidus agrémentés de conservateurs, de colorants et autres joyeusetés artificielles. Optimiser ainsi des supposés restes n’était pas un problème, recourir à ces produits additifs, si.


Or, en février dernier, je me suis retrouvée au rayon des surimis où il me prit l’envie de lire les ingrédients. Je n’étais pas déçue, enchaînant les cumuls d’additifs dégueu jusqu’à ce que, surprise, je tombe sur une marque (Fleury Michon en l'occurence) où ne figuraient ni polyphosphate ou sorbitol (stabilisants), ni glutamate de sodium (exhausteur de goût), ni carmin (colorant naturel*). Effet wow garanti…


Le mois suivant, le hasard faisant bien les choses, voilà que cette même marque me contacte pour m’inviter à décrypter le processus de fabrication de son surimi. Mot d’ordre ? #VENEZVERIFIER, nom officiel de cette campagne visant à démontrer la qualité de sa production. Piquée au vif, j’ai accepté de relever le défi. [ndlr. Je rappelle que ce n'est pas un billet sponsorisé, mais bien la narration d’une expérience blogueur/marque où vous, lecteur, avez tout loisir d’intervenir au travers de vos commentaires].


Les additifs

Première action, forte de mon expérience au supermarché local : aller à la pêche aux ingrédients des bâtonnets de base d’un plus grand panel de concurrents. Le constat s’impose : Coraya, Cora, Auchan, Monoprix, Leclerc (produit par Fleury Michon**) comportent tous un cocktail de stabilisants (sorbitol E420 et/ou polyphosphates E452), du glutamate de sodium, voire un colorant dont on se passe (carmin plutôt que du paprika). Seules marques rescapées : des bâtonnets Carrefour (aussi produits par Fleury Michon) et Compagnie des pêches St Malo (dont certains ingrédients sont même issus de l’agriculture biologique). [N’hésitez pas à compléter en commentaire].


La pêche est-elle durable ?

Le surimi est composé de filets (et non de résidus) de poisson à chair blanche mixés (minimum 35% du produit fini selon la norme AFNOR en vigueur), auxquels sont ajoutés de la fécule, des blancs d’œuf, de l’huile végétale (Colza généralement) et des arômes. Il s’agit le plus souvent de colin d’Alaska – en l’occurrence, Fleury Michon recourt à 90% de colin et 10% de Merlu blanc du Pacifique (liens en anglais car beaucoup plus complets). On regrettera que sauf exception, aucune marque ne précise les espèces de poisson dans ses ingrédients [MàJ 12/04/14 : bonne nouvelle, cela va devenir obligatoire dans les prochains mois].

Plusieurs enseignes proposent des surimis dont le poisson est labellisé MSC (Marine Stewardship Council), c'est-à-dire considéré comme ayant été pêché durablement, sans mettre les stocks en danger. C’est le cas pour Fleury Michon (mais aussi pour Coraya notamment).

Or, rien qu’en France, 60.000 tonnes de surimi sont consommés par an (la marque occupant 25% de ce marché). Mondialement, les quantités font donc frémir et plusieurs ONG (Greenpeace en tête) réclament de réviser les statuts du Colin et du Merlu – qui ne sont actuellement pas considérés en danger.

Cette question de la quantité est au cœur même de nos modes de consommation dont le consommateur est le premier acteur. Car oui, cela peut faire figure de lapalissade… mais c’est toujours le consommateur qui peut tuer une marque et non le contraire. Comme je le dis toujours, aucune goutte de pluie ne se sent responsable des inondations.

Étape n°1: des bons points...

Je reconnais que Fleury Michon a fait effectivement un gros effort sur ses produits au regard de la concurrence (pour un prix à peine plus cher). L’exploration se poursuit (décryptage des modes de pêche, des arômes ajoutés…) et si la marque continue à jouer le jeu, même si tout n’est pas parfait, nous pourrons alors saluer sa volonté de transparence. Je vous tiens bien évidemment au courant ;-)

D’ici là, je vous invite à me faire part de vos interrogations/critiques/remarques dans les commentaires.

--
* Le carmin est un colorant produit à partir de cochenille, un insecte vivant sur des cactus surtout cultivés en Amérique latine. Diverses étapes sont nécessaires pour obtenir le colorant, avec parfois un traitement aux sels d’aluminium. Colorant potentiellement allergisant. Plus d'info sur ce site. Sincèrement, quand on sait qu'on peut obtenir la même coloration de surimi avec du paprika...
** Pour info, nombre de grands fabricants fournissent les marques distributeurs - avec l'obligation de répondre au cahier des charges de ces derniers, d'où des différences de recettes. Concernant Leclerc, il semblerait que certains additifs comme le polyphosphate viennent d'être supprimés. Info non vérifiée.