jeudi, 26 janvier 2012
Les bananes au chlordécone: quand l'Etat "déconne"
Le jeu de mot était facile, mais il illustre surtout la réalité du scandale des bananes antillaises noyées 20 ans de trop d'un pesticide: la chlordécone. Le véritable responsable est notre Etat laxiste, année après année et tout bord politique confondu - ne l'oublions pas en ces temps d'élections. Soupçonné dès les années 60 d'être dangereux pour la santé (avec un risque accru du cancer de la prostate), les Etats-Unis ont retiré ce pesticide dès 1977. Mais il faudra attendre... 1993 pour que la France en fasse de même.
Ce scandale n'a véritablement émergé qu'au début des années 2000, quand des campagnes de mesure ont montré des taux inouïs de contamination des sols (jusqu'à 100 000 fois les normes admises pour l’eau) et une accumulation dans les végétaux, la chair des poissons, les graisses animales ou encore les produits laitiers.
Or, la durée de vie de la chlordécone est longue: suivant le contexte environnemental, plusieurs dizaines d’années sont nécessaires à l'élimination de la moitié du produit, soit 60 à 700 ans pour une dépollution naturelle des sols.
Pour en savoir plus, je vous invite vivement à lire l'article d'un médecin, Borée de son pseudo (qui édite le blog éponyme à mettre en favori!) : "Sinistres Tropiques". Mais avant.... j'attire votre attention sur la morale additionnelle du jour: si la toxicité de la chlordécone en elle-même semble modérée sur le foie, combinée à certains solvants, elle augmente leur toxicité jusqu'à... 6700 %.
Voilà pourquoi face à la plupart des industriels vous collant des produits de synthèse sous le nez (à commencer par les parfums de synthèse, les cosmétiques, etc.) en affirmant qu'aucun produit n'est dangereux, restez vigilant! En chimie, 1+1+1 est bien souvent égal à 100, ou 10.000 ou bien pire que cela. Moralité: évitez de cumuler 50 ingrédients dans un produit ou de diffuser des parfums qui se cumulent aux émanations de votre mobilier/déco...
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lundi, 23 janvier 2012
Quand la médecine du travail rejette 3 millions d'actifs
Ils sont 3 millions d'actifs sur les 28 millions que compte la France, soit 10,5% des actifs délaissés par la médecine de travail, qui ne bénéfient d'une protection qu'au prix fort, sans aucune surveillance, sans suivi. Exit les visites obligatoires, la prévention, les conseils, le soutien psychologique et... bien sûr, on oubliera les arrêts.
Eux? Ce sont les 3 millions de dirigeants, pour l'essentiel des petits patrons de TPE constituant plus de 95% des entreprises en France...
Pourtant en tant qu'employeur, dès que vous embauchez, la médecine du travail vous saute dessus pour que vous cotisiez. Je trouverais cela normal si ce n'est que quelle que soit la date d'embauche, vous payez plein pot pour l'année en cours (comme ces 12 mois de cotisation pour 2 mois effectifs, en vous affirmant qu'on vous a emailé des convocations jamais reçues - donc zéro travail effectué - véridique). Par contre, le jour où un nouveau salarié signe un contrat puis se met en arrêt maladie, vous n'avez que vos yeux pour pleurer... et personne ne vient contrôler quoi que ce soit.
Tout cela, c'est du vécu. Le stress engendré aussi. Mais là, pas de visite obligatoire, l'Etat n'a institué aucune formalité pour s'assurer du bien-être des dirigeants et suivre leur état de santé. Or, l'employeur qui dirige a bien du mal à admettre d'éventuels problèmes de santé et surtout, à les faire connaître. Voilà bien un sujet tabou dans une France qui surmédiatise le suicide des salariés dans l'entreprise (un mal-être ne doit jamais être négligé, mais je vous invite à lire l'analyse sur le taux réel de suicides chez France Telecom).
Olivier Torrès, qui a créer Amarok, l'observatoire de la santé des dirigeants de PME, parle d'ailleurs des 3D: dépression, dépôt de bilan, divorce, auxquels s'ajoute parfois un quatrième, le décès. Des fois, je me dis qu'il faut être bien maso en France pour devenir entrepreneur: pas de filet (exit les indemnités chômage ou arrêt maladie), pas de santé sans payer le prix fort, pas le droit de louer (vous ne présentez pas les garanties d'un salaire)... bref, juste le droit d'être libre de votre emploi du temps, de ne plus subir de pression hiérarchique et d'être gratifié directement par votre travail. Je n'ai jamais regretté d'avoir créé mon entreprise (et d'être associée dans une autre). Mais je me dis tout de même que la note est sacrément salée en France.
La crise touche AUSSI de plein fouet les entepreneurs. J'en connais qui sont tombés et en souffrent en silence. Mais pour eux, il n'y a pas de médecine du travail. Que vaut une nation si elle s'accorde sur la nécessité de protéger la santé des salariés mais pas de ceux qui les encadrent et les dirigent? Non, la plupart des patrons ne sont pas le diable et le bien-être social est une des clés essentielles du développement durable. Il serait temps d'en prendre conscience.
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Sources:
- "28 millions d'actifs en France", site d'Emploi pro (18 janv. 2010)
- "La santé du dirigeant, premier capital de la PME", L'Entreprise (29 avril 2010)
- Amarok, observatoire de la santé des dirigeants de PME, commerçants et artisans
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mercredi, 04 janvier 2012
Résolution 2012: positiver?

Et si nous décidions cette année de positiver? Oui le monde, l'euro, le chômage, la dette... sont en crise. Oui l'environnement va mal, très mal, notre santé en empatit, les citoyens ont du mal à changer leurs habitudes, la gouvernance met un temps fou à légiférer et les industriels traînent de la patte. Ah oui. Et puis c'est aussi supposé être la fin du monde. Ajoutez à cela un temps de ch*** sur une bonne partie de la France et voilà de quoi s'abonner définitivement aux cures de prozac.
Et si nous faisions plutôt le choix de positiver? Après tout, il y a des filières où le chômage est minime, des sociétés qui connaissent un bel essor et à regarder de très près, un nombre croissant d'entreprises s'investissent dans des projets de développement durable de plus en plus poussés - preuve que l'éveil des consciences prend de l'ampleur. Je vous parlerai d'ailleurs dans les prochaines semaines de Carrefour, Danone et Accor, entre autres, mais aussi de jeunes entrepreneurs très prometteurs.
Oui, tout n'est pas rose. Mais il serait temps de valoriser les actions qui font du bien à la planète, qui engendre un progrès social tout en répondant à des modèles économiques viables. C'est aux médias d'aller chercher cette info, de la mettre en avant pour servir de moteur au changement. Il ne s'agit pas de faire l'autruche, mais de se booster tout simplement le moral, c'est ainsi que l'on avance!
Cette philosophie a toujours été au coeur de ce blog mais, parfois, je me sens bien seule. Je compte donc sur vous pour semer la bonne humeur autour de vous. Bonne année 2012!
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jeudi, 17 novembre 2011
Toilettes sèches, la règlementation sèche.
Vous avez peut-être entendu parler de toilettes sèches, mais savez-vous qu’il a fallu attendre fin 2009 pour légaliser officiellement leur existence ? Petit retour sur une épopée juridique clochemerlesque en collaboration avec mon blogueur invité, Romain Laventure, juriste en environnement.
Tandis que cela fait des années que des toilettes sèches sont installées en France (elles étaient même à l’honneur lors de la Coupe du Monde de Rugby en 2007 en France), le vide juridique brillait, doublé de menaces de sanctions financières de l’Europe dont nos gouvernements (tous bords confondus) ne se vantent pas.
En effet, dès 1992, le Directive européenne (91/271/CEE) relative au traitement des eaux urbaines résiduaires est transposée en droit français (loi sur l’eau du 3 janv. 1992)… du moins partiellement. Résultat en 2004, l’Etat français est accusé par la Commission Européennes (1) de ne pas avoir correctement traduit en droit interne la Directive : notre pays a mal distingué les zones nécessitant une protection spéciale, les "zones sensibles au titre de l’eutrophisation" (2) et mal encadré le traitement des rejets d’eau urbaine résiduaire des agglomérations de plus de 10.000 habitants.
Au final, il faut attendre un arrêté de 2009 (3), soit près de 18 ans plus tard, pour voir poindre le premier texte autorisant de manière claire les toilettes sèches (sans sous-entendre un mécanisme de toilettes à eau comme jusqu’alors): "Les toilettes dites sèches (sans apport d'eau de dilution ou de transport) sont autorisées, à la condition qu'elles ne génèrent aucune nuisance pour le voisinage ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines. (…) Les sous-produits issus de l'utilisation de toilettes sèches doivent être valorisés sur la parcelle et ne générer aucune nuisance pour le voisinage, ni pollution."
Cependant, cet arrêté est accompagné de vraies contraintes juridiques rendant la mise en œuvre de toilettes sèches particulièrement difficile puisque les sous-produits doivent être valorisés sur la parcelle. En d’autres termes, cette méthode reste inaccessible à tout bâtiment ne disposant pas de jardin ou de cours suffisamment grande pour faire du compost sur place. Inutile de penser à équiper votre appartement…
Pour en savoir plus sur les toilettes sèches, je vous recommande d’explorer la rubrique dédiée du site de l’association "Toilettes du Monde" : www.toilettesdumonde.org
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Sources:
(1) Recours contre la France pour "manquement d’Etat", arrêt de la Cour
(2) Augmentation de la masse des débris organiques et nutritifs dans une eau stagnante, qui entraîne une baisse de la quantité d'oxygène dissous.
(3) Arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions techniques applicables aux installations d'assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5
- Portail de l'Assainissement non collectif, site du Ministère de l'Ecologie
- Photo: toilettes publiques, aire d'autoroute en Suède (source: wikipedia)
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jeudi, 27 octobre 2011
Le génocide silencieux des indigènes - Rencontre avec Haru et Ninawa
Génocide: extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ou d'une partie d'un groupe en raison de ses origines ethniques, religieuses ou sociales.
Moment exceptionnel et bouleversant qu'une rencontre avec Haru (ci-contre), leader politique et chef du peuple Kuntanawa et Ninawa (en bas à droite), leader spirituel de la tribu Kaxinawa dans la région de l'Acre, au nord du Brésil. Après s'être vu par le passé interdire de parler leurs langues et pratiquer leurs rituels, voyant leurs forêts rognées et saccagées, ces peuples ont voulu se réapproprier leurs cultures, souhaitant désormais faire reconnaître le savoir indigène, préserver leur identité et acquérir une autonomie – tout en sauvant la forêt et par là même, leur territoire.
Or, plus de 70% du peuple Kashinawa sont morts au contact des blancs et le savoir est désormais dispersé d'une tribu à l'autre. Il devient à présent crucial de collecter les connaissances préservées chez les uns et les autres pour recomposer le tableau complet. Pour y parvenir, Haru a lancé le mouvement "Corredor Pano" (le Pano est la langue d'usage), luttant pour la préservation et la promotion de la culture indigène, qui réunit désormais 13 tribus brésiliennes constituant environ 90% des quelques 20.000 indigènes de la région de l'Acre. L'objectif est d'étendre le mouvement aux 40 000 indigènes brésiliens, péruviens et boliviens, disséminées sur une surface de près de 100 millions d’hectares.
40.000… Soudainement, cela ressemble fort au combat de David contre Goliath… L'Etat du Brésil n'a en effet aucun intérêt à se montrer favorable à leur requête car la forêt représente une manne financière à court terme – les peuples indigènes étant perçus comme des gêneurs freinant leurs aspirations économiques.
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vendredi, 21 octobre 2011
J-226 avant Rio + 20
Par mon blogueur invité, Romain Laventure, juriste en environnement
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On l’oublie souvent, mais les questions écologiques ont été placées au rang de préoccupations internationales dès 1972 lors de la "Déclaration de Stockholm", puis celle de Nairobi en 1982. Mais ce n’est vraiment qu’en 1992 que le cri d’alarme retentit avec la Déclaration de Rio, lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), plus connue sous le nom de "Sommet de la Terre".
En 2002, soit 10 ans plus tard à Johannesburg, Jacques Chirac, alors Président de la République, commença ses propos par "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs". Il y faisait déjà le double constat de la destruction de la nature et de l’indifférence générale dans laquelle tout cela se produisait, alors que les catastrophes pourraient mettre en danger l’existence même de toute vie sur Terre.
Et 20 ans plus tard ?
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mardi, 27 septembre 2011
Les Ateliers de la Terre - Du ver de terre à l'Homme

Me voilà au milieu des Ateliers de la Terre à suivre les interventions de grands décideurs sur le futur du développement durable. Décideurs… n'est-ce pas supposer faire naître des décisions et donc, engendrer des actions? Pourquoi alors cette impression de déjà entendu depuis 20 ans?
Le discours d'introduction de Paul Watson, directeur de l'ONG Sea Shepherd Conservation Society démarre pourtant comme un cri d'alarme:
"L'humanité a très peu de mémoire et aucune capacité à se projeter dans le futur. Nous sommes une espèce stupide, écologiquement stupide, qui ne réalise pas que les vers de terre sont plus importants que les gens car ils peuvent se passer de nous – mais nous ne pouvons nous passer d'eux (…)."
Ma vie contre un ver de terre? Pourtant, aussi désagréable que cette idée puisse paraître aux oreilles du grand public, c'est la vérité. Nous ne sommes pas indispensables – n'en déplaise à la consultante surmédiatisée, Bettina Laville, qui s'est empressée de rectifier en précisant que l'homme était au moins aussi important que le ver de terre et surement plus.
Est-ce de l'arrogance ou de l'inconscience, toujours est-il que d'un point de vue biologique, la nature peut se passer de nous. Quant à notre place spirituelle où nous avons foi en notre différence (supériorité?) par rapport à cette même nature, il reste que si nous saccageons notre environnement, nous ne gagnerons qu'une chose: nous saccager nous même.
"La biosphère est entretenue par un équipage – mais nous ne sommes pas cet équipage, nous sommes les passagers. L'équipage est constitué de bactéries, d'insectes, de vers de terre… et en tant que passager, nous devrions préserver cet équipage. Si l'océan meurt, nous mourons."
L'inaction. Voilà bien le fléau de notre société. De Rio à Rio+20, quelle différence? Il serait bien hypocrite de décrier le manque d'engagement de ces grands décideurs déconnectés du terrain, défendant leurs intérêts financiers immédiats et leurs sièges électoraux. Qui ne s'est pas énervé après le citoyen lambda prié de changer un tantinet ses habitudes et qui refuse tout en bloc, ou après celui doté soudainement d'un petit pouvoir qui lui monte à la tête (de la présidence d'une commission locale à l'asso…). "L'humanité n'a aucune capacité à se projeter dans le futur" disait Paul Watson. Ne serait-ce pas au fond le plus grand combat qui s'annonce pour l'Homme? Lorsqu'il comprendra la souffrance, la destruction, la violence qui peuvent être évitées en planifiant sur le long terme, peut-être pourrons-nous enfin vivre en harmonie – une harmonie pourtant à portée de main.
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mardi, 13 septembre 2011
Joliprint: Transformez vos pages web en beaux pdf

Générer des pages en pdf grâce à des services en ligne n'est pas nouveau. Mais générer des pdf présentés comme un bel article, clair et agréable à lire, c'est désormais possible en un seul clic grâce à Joliprint. Vous trouverez donc désormais une icône en bas des articles du blog permettant de générer un pdf d'un clic. Mais ce n'est pas tout! Avec Joliprint, vous pouvez:
-Insérer une extension dans votre navigateur (firefox, chrome ou internet explorer) pour générer un pdf en un clic de la page que vous visitez (idéal pour archiver un article de blog ou de presse): obtenir le plug-in
- Insérer un bouton sur les blogs, pour les plateformes blogger, wordpress et typepad. Sinon, il faut bidouiller car joliprint ne gère pas encore très bien la génération en pdf d'un article en haut d'une page d'accueil (il faut être sur le lien permanent et non en page d'accueil pour que le script en footer fonctionne - en tout cas chez moi. Les geek comprendront)
- Générer la page d'un lien en pdf en un twit (donc via twitter): suivre les instructions
- Générer un e-book combinant jusqu'à 10 liens dont les pages ont été transformées en pdf: suivre les instructions
D'un point de vue environnemental, cela présente un double avantage:
Une lecture facilitée: un pdf clair et aéré peut s'avérer moins fatiguant pour les yeux, notamment quand le site d'origine est fouilli. L'environnement, c'est aussi la santé, ne l'oublions pas.
On peut partager et/ou archiver un article facilement dans son ordinateur. Du coup, on est moins tenté de l'imprimer - une solution fréquente pour l'internaute lambda qui veut conserver un article car les solutions à sa portée sont peu satisfaisantes (enregistrement de pages html peu pratique, mise en favori avec risque de ne plus accéder à son article ou texte copié-collé dans word avec un formatage horrible).
Dommage au final que Joliprint ne se nomme pas Jolisafe car il est vraiment génial pour archiver des articles (mais imprimer le pdf qui conserve les illustrations n'est pas terrible pour le coup...). Ah et... cerise sur le gâteau, malgré un site tout en anglais, ce service est développé par Wedia, une société française. Cocorico!
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mercredi, 06 juillet 2011
Episode 2: l'action des communes en faveur des abeilles
Suite et fin de l'épisode précédent: La guerre des abeilles n’aura pas lieu
Dans le cadre de son Plan Biodiversité "Abeilles et Insectes pollinisateurs", le département des Vosges (Vosges Développement) a réuni l'ensemble des acteurs, des élus aux agriculteurs, en passant par les producteurs locaux, les syndicats professionnels… pour mettre en place des actions en faveur des plantes mellifères, pleines de nectar, pour enrayer le déclin des abeilles, nécessaire à bon nombre d'agriculteurs (lire l'épisode 1).

Ecole, cimetière, pompiers... tous les lieux participent à la biodiversité - © A. Baral
Parmi ces mesures, la gouvernance locale a joué un rôle important car elle gère de nombreux espaces verts: forêts, terrains communaux, jardins, bords de route, rond-point... Or, les élus ont pour habitude de tondre à ras (pour que cela fasse "propre" - entendre par là, aseptisé) tout en injectant quantité de pesticides pour se débarrasser de tout ce qui ne ressemble pas à du gazon.
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lundi, 04 juillet 2011
Episode 1 – La guerre des abeilles n’aura pas lieu
Petite devinette : quel est le dénominateur commun entre un pépiniériste, un maire, un restaurateur, un atelier de réinsertion et un fabricant d’huiles essentielles? La réponse tient sur un doigt : l’abeille, ouvrière au service de la biodiversité.
En dehors du maire, tous ont au moins une part de leur activité dépendant d’insectes pollinisateurs – abeille en tête – dont le travail va être grandement facilité par l’engagement de collectivités locales. Si j’ai choisi cet exemple, ce n’est pas un hasard. J’ai pu aller ces jours-ci à la rencontre de ces acteurs qui œuvrent dans l’ombre, chacun à son échelle, dans la mise en place d’une véritable synergie sous l’impulsion du département des Vosges (Vosges Développement).
Tout est parti d’un cri d’alarme lancé par les apiculteurs locaux en 2007. En France on assiste à une baisse de production (30 à 50%) depuis 10 ans et une mortalité d'abeilles multipliée par quatre ou cinq. Obligés de racheter toujours plus d’essaims pour maintenir leurs ruches en activités (plusieurs centaines par apiculteur, 30% disparaissant désormais chaque année), la note est vite devenue salée, avec un prix passant de 40 € à 90 € l’essaim (soit 1,5 kg d’abeilles ou 15.000 insectes). Les raisons de cette hécatombe sont multiples mais trois facteurs semblent prépondérants :
- l’utilisation massive de pesticides
- l’augmentation de maladies et parasites importés
- le déclin de la biodiversité qui n’offre plus le nectar tant recherché.
Vosges Développement a donc mis en place un Plan Biodiversité "Abeilles et Insectes pollinisateurs", regroupant l’ensemble des acteurs, des élus aux agriculteurs, en passant par les producteurs locaux, les syndicats professionnels… La démarche repose sur deux axes forts :
- Diminuer l’usage de produits phytosanitaires, voire les supprimer autant que possible
- Favoriser la biodiversité, notamment les plantes mellifères qui produisent le nectar si cher aux abeilles et l’ensemble des insectes pollinisateurs.
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