vendredi, 09 novembre 2012

Pour ou contre le rejet d'êtres humains par l'Église?

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Exceptionnellement, ce blog sort des sentiers battus pour défendre le mariage homosexuel car la véhémence des propos de l'Église me choque. Nous sommes dans un État laïque où la pseudo "morale" religieuse révèle un état d'esprit rétrograde et archaïque. Or, le lobby catho s'immisce jusqu'aux plus hautes sphères de l'État, une influence inacceptable qui refuse l'égalité des êtres humains entre eux. Pour ces raisons, je souhaitais partager l'article suivant (source):


Nous, les sous-hommes du XXIème siècle


Parce que je suis noire, je suis perçue différemment. Est-ce volontaire? A voir le rejet et l’attitude de certains, les embûches qu’on ne cesse de semer dans ma vie et ma carrière, serais-je donc délibérément masochiste? Non, bien sûr, je n’ai pas choisi ce que je suis, je le subis.


Parce que je suis noire, je n’ai pas les mêmes droits que les autres citoyens français. Je suis pourtant capable d’aimer du même amour, celui pour lequel on peut être prêt à donner sa vie, celui qui vous enflamme, vous fait vibrer ou… vous mène par le bout du nez. Mais alors, pourquoi m’interdire de m’unir avec l’amour de ma vie, pourquoi m’empêcher de fonder une famille? Ah j’oubliais… l’Eglise. L’Eglise n’apprécie pas du tout l’idée qu’en tant que noire, je puisse avoir les mêmes droits. A ses yeux, il serait irresponsable de mettre au monde des enfants de noirs qui subiraient toutes les moqueries possibles à l’école. Cela pourrait engendrer de graves déséquilibres. Et puis de toutes les façons, aux yeux de l’Eglise, être noire, c’est un choix de vie qu’il est immoral d’imposer à ses enfants.


Que puis-je répondre si ce n’est l’envie irrépressible de crier tant cette vision me semble éloignée des racines même de la spiritualité, celle de faire preuve de tolérance et d’amour du prochain? Or, restreindre mes droits en tant que noire et m’interdire de jouir des mêmes bénéfices sociaux, des mêmes libertés, est-ce donc là l’illustration de l’amour du prochain tant prôné par l’Eglise? Certainement, à en croire les propos de plusieurs archevêques et politiques. Cependant, impossible de dénoncer leur message ségrégationniste sans être accusée de lobbying. Pourtant, que vaut le poids du lobbying de la communauté noire contre la puissance de l’Eglise installée confortablement depuis des siècles, à la tête d’un des Etats les plus riches du monde, dont les ramifications et les soutiens peuvent atteindre les plus hautes sphères de l’Etat en quelques coups de téléphone?


LIRE LA SUITE sur le blog "Homo inferior"

mercredi, 31 octobre 2012

Bientôt une interdiction des pièges barbares qui tuent aveuglément?

piège, animaux, biodiversité, chasse, souffrance animaleLa France affiche une complaisance révoltante à l'égard des pièges tuants, autorisant à tour de bras leur utilisation, fermant les yeux sur les abus alors même qu'ils tuent sans distinction - un procédé totalement rétrograde. Les faits divers rappellent cruellement cette hérésie, au fil des récits de propriétaires révoltés qui ont retrouvé leur chat ou chien hurlant à la mort, leurs pattes finissant généralement sectionnées... quand ils survivent.

 

Pour des pièges censés tuer sur le coup, cette multitudes de récits démontrent la souffrance épouvantable engendrée par ces outils de torture (des animaux peuvent rester plusieurs jours coincés, finissant par mourir ou se ronger la patte pour s'échapper). Besoin de convaincre? Cette vidéo montre la violence du fonctionnement (à l'aide de batons et peluches, je vous rassure).

 

 

De plus, théoriquement destinés aux espèces classées "nuisibles" (lire ci-dessous ce qui se cache derrière ce concept...), ces pièges éliminent les espèces sans distinction, qu'elles soient protégées ou domestiques, alors qu'il existe des pièges à capture qui permettent de relâcher les animaux ou, le cas échéant, de les tuer réellement sans souffrance (1). Il faut donc interdire les pièges tuants définitivement.

 

Signez la pétition pour interdire ces pièges!

Pour toutes ces raisons, l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) demande l’interdiction définitive de leur utilisation et vient de lancer une pétition que je vous invite à signer ici.

Vous avez dit "nuisibles"?

En France, les animaux potentiellement nuisibles sont listés par le Ministère de l’Ecologie sur avis du... Conseil National de la Chasse et de la Faune Sauvage. Bien sûr, aucun lobbying des chasseurs, ce conseil est forcément neutre et indépendant. Trois critères prévalent: l'intérêt de la santé et de la sécurité publiques, la prévention de dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles, la protection de la flore et de la faune.

 

Ensuite, les préfets dressent des arrêtés avec la liste des animaux nuisibles retenus pour chaque département - toujours sur avis des chasseurs (Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage et Fédération des chasseurs).

 

Evidemment, ces "avis" ne sont ni neutres, ni scientifiquement établis. Les écologues et les faunisticiens n'ont pas leur mot à dire, et encore moins les ONG de protection de la nature - un peu plus à même de déterminer le caractère réellement nuisible d'un animal en toute connaissance de cause. Et il ne faudrait surtout pas oublier que certaines espèces ne prolifèrent que parce que les chasseurs ont soigneusement éliminé leurs prédateurs naturels, à l'instar du renard...

 

En savoir plus: télécharger le guide de l'ASPAS sur les pièges (pdf, 6 p.) et la réglementation actuelle des pièges autorisés sur le site de l'UNAPAF (Union Nationale des Piégeurs Agréés de France).

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(1) Il va de soit que le concept même de piéger des animaux pour les tuer gratuitement parce qu'officiellement nuisibles me révulse.

vendredi, 14 septembre 2012

Un des derniers moulins fabriquant du papier à l'agonie à cause d'un maire!

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Dans le charmant village de Muzillac (Bretagne), un des derniers moulins de France où l'on fabrique du papier 100% naturel à partir de tissu est sur le point de s'arrêter à cause d'un maire peu scrupuleux. C'est un patrimoine culturel et un savoir-faire traditionnel inestimable sur le point de s'écrouler.

 

Datant du XVème siècle (propriété en son temps du dernier duc de Bretagne), le moulin de Pen-Mur avait fini par tomber en ruine au milieu du XXème siècle. En 1986, un couple décida alors de le louer à l'Etat pour le restaurer entièrement et relancer la fabrication de papier à partir de chiffons (en savoir plus sur le processus de fabrication).

 

L'entreprise tournait bien grâce à la volonté de fer du couple, dernier bastion d'un savoir-faire sur le point de s'éteindre en France (il ne reste plus que quatre moulins respectant la tradition papetière du XVIIIe siècle). Mais voilà, situé au bord d'un étang de 45 ha, la roue du Moulin de Pen Mur ne tourne plus depuis 2010 car la vanne du plan d'eau est bloquée volontairement par la commune au nom de la lutte contre la sécheresse. Sauf qu'en deux ans, l'eau aurait pu être rétablie... mais un changement de vanne a également déstabilisé la roue qui doit être réparée. La commune rejette les torts et fait traîner. Pendant ce temps, le bois de la roue sèche irrémédiablement, rendant toute remise en exploitation hasardeuse (le bois sec et mouillé à nouveau va entraîner des déséquilibres nuisant au bon fonctionnement du moulin).

 

En vérité, le charme du site en fait un pôle d'attraction touristique fort de la localité - le maire n'ayant guère caché son désir de mieux rentabiliser le moulin plutôt que percevoir une simple rente locative... Le maire se fiche donc éperduement de la perte de cet artisanat quasi unique en France. Il fait la sourde oreille et attend clairement que le couple dégage (et le mot est faible), après 25 ans de dur labeur. Pourtant, à voir ces grandes feuilles de papier pendues sur des filins et séchant au gré du vent dans l'immense grenier, je me suis sentie projetée dans une autre époque. Le temps ralenti, les produits sont naturels, l'huile de coude coule à flot. C'est déjà un miracle qu'un couple au 21ème siècle aient envie de faire perdurer ce savoir-faire artisanal. Les pousser à l'agonie est un crime culturel.


Il existe une pétition pour soutenir ce couple. Leur départ du moulin semble inévitable mais pas la mort de leur savoir-faire... à condition d'être au moins indemnisés décemment par la commune. C'est pour cela que je sollicite votre aide en vous invitant à cliquer sur ce lien pour signer cette pétition. N'hésitez pas non plus à partager cet article!

 

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Sources:
- Site officiel du Moulin de Pen Mur
- "Moulin de Pen Mur. Des bâtons dans la roue", Le Télégramme (3 août 2011)
- Crédit photo: www.asphodele-ambon.com

mercredi, 06 juin 2012

L'écologie en échec, l'Humanité peut danser tranquille.

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Quand je parle d’environnement et plus largement de développement durable, j’essaye d’être positive, que ce soit professionnellement ou sur ce blog. Je chasse le catastrophisme ambiant en partant du principe que le (bon) exemple sert de moteur aux gens pour avancer. Mais je suis en train de perdre foi en l’humanité, ma bonne humeur s’évapore de mois en mois jusqu’à un niveau de ras-le-bol jamais atteint.

 

Ce n’est pas un sentiment qu’une consultante comme moi a envi de mettre en avant. Avoir une part de soi-même qui s’avoue vaincue, c’est tout simplement tabou. Et l’admettre, c’est encore plus dur. Mais parce que j'ose en parler, je me suis rendue compte ces derniers temps que j’étais loin d’être le seul professionnel concerné. Pas plus tard qu’aujourd’hui, je viens encore d’apprendre qu’un consultant dont j’apprécie particulièrement la niaque et l’optimisme notoire vient de s’abonner au camp des résignés.

 

Je réalise de façon dramatique que de plus en plus de professionnels ou d’associatifs travaillant dans l’environnement n’en peuvent plus de répéter les mêmes choses, de prévenir encore et encore, autant de visionnaires qui s’en prennent plein la gueule parce qu’évidemment, les individus lambdas ou des élus savent mieux que des milliers d’experts l’état des lieux exact de la planète et les solutions pour freiner l’aggravation des symptômes. Alors certes, tous ne sont pas parfaits et transmettent parfois des informations inexactes à l’effet dévastateur (les médias gobent 1000 conneries quand elles viennent d’EDF mais un écolo isolé un peu trop zélé, on ne le rate pas). Mais globalement, devoir encore et encore tergiverser sur « y a-t-il encore assez de pétrole pour les 50 ans ou 150 ans à venir » face à plus d’un milliard de voitures dans le monde et 100.000 véhicules en plus par jour, n’est-ce pas être totalement maso ?

 

Le secteur du luxe ne s’est jamais aussi bien porté tandis que la misère gangrène jusqu’aux pays les plus riches et que financer des projets à l’autre bout du monde préservant les populations locales et leur habitat naturel devient mission impossible. Mais inutile de taper sur les riches : combien de femmes, qui n’ont pas de larges revenus, succombent à D&G, Vuitton ou Chanel après avoir longtemps économisé ? Combien d’HLM disposent d’une gigantesque télé tout en se nourrissant de poulet de batterie 1er prix (j’ai cessé de faire le décompte dans les logements que j’ai visités) ?

 

Cessons de pointer du doigt des riches dont, au final, tant imiteraient illico le train de vie s’ils en avaient les moyens. Tout est une question de priorité. L’humanité a clairement fait un choix : celui de privilégier sa consommation matérielle au détriment de sa santé et son équilibre à long terme. Pourtant, personne n’a jamais aspiré à partir en vacances dans un bidonville ou une barre HML (avec vue sur le périphérique, tant qu’à faire). Non. Réfléchissez plutôt aux raisons qui nous amènent à désespérer de partir en vacances, de fuir le train-train métro-boulot-dodo, d’avoir envie de se relaxer, de passer du bon temps entre amis (ou se retrouver enfin seul et tranquille), de partir à la mer, la montagne, de voyager et provoquer des dépaysements sensoriels ? Le dénominateur commun est la quête d’une sensation de bien-être en agitant nos sens et en fuyant l’oppression. En somme, l’antithèse de ces visions de science-fiction aux champs infinis de tours dont les pieds s’enfoncent dans l’obscurité nauséabonde et crasseuse où l’humanité tente de vivoter tant bien que mal. Malheureusement, de Blade Runner au 5ème élément en passant par l’armée des 12 singes, dans combien de temps cette qualité de vie repoussante risque de devenir une réalité ?

 

Se préoccuper d’écosystèmes et chercher à les préserver n’est pas une lubie. Tout se lie à notre quotidien, des épidémies à l’augmentation des cas d’asthme et d’Alzheimer, de l’érosion des sols à l’amplification des dérèglements climatiques qui influent considérablement sur le cours des fruits et légumes… ou le montant de nos assurances. Notre humanité s’amuse, inconsciente de la fragilité du sol sur lequel elle danse. Et j’en ai marre de chercher à prévenir que la lave coule dessous et est en train de dangereusement grignoter la roche à la surface.

 

Pourquoi m’en soucierais-je ? Ne serait-ce pas plus simple de se contenter de dire « oui, la Terre est plate » et d’arrêter de s’en prendre plein la figure? Après tout, nombreux seraient ceux à se réjouir que les "écolos bien pensants" leur foutent la paix…

mardi, 29 mai 2012

Flashback - "UV en cabine: attention cancer". Du progrès depuis 2005!

environnement,santé,bronzage,uv,soleil,cancerLe 17 août 2005, je publiais l'article "UV en cabine: attention cancer", un des tous premiers de ce blog, paru il y a 7 ans déjà. Je dénonçais alors le danger des cabines de bronzages et le potentiel cancérigène des UV, dans un contexte où les autorités sanitaires laissaient faire.

 

Face au royal silence des médias et un nombre de cabines de bronzage qui a explosé depuis, il aura fallu attendre mai 2012 pour qu'une étude soit enfin médiatisée tandis que des médecins - dermato en tête - s'insurgent depuis longtemps.

 

Aujourd'hui, c'est officiel, le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié le 22 mai 2012 estime à 4,6% le nombre de nouveaux cas annuels de mélanomes (tumeur cutanée) liés à l'exposition aux UV des cabines de bronzage. En clair, cela représente 347 cas de mélanome et 76 décès totalement stupides résultant de l'exposition aux UV artificiels. Face à ces statistiques (qui risquent de s'aggraver), les scientifiques estiment que l'exposition aux UV artificiels constitue désormais un réel enjeu de santé publique: "les rayons ultraviolets artificiels, particulièrement ceux qui sont émis en cabine de bronzage, sont ainsi classés dans la catégorie la plus élevée parmi les agents cancérogènes".

 

Or, la sensibilisation est inexistante alors même que près d'un quart des français croient, à tort, que ces UV artificiels préparent la peau au soleil. Mais cette énième étude semble avoir - enfin - été entendue car la Ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé un prochain décret pour durcir la réglementation sur les cabines de bronzage. 

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Sources:
- "Cabines UV : les médecins tirent la sonnette d'alarme", 20 minutes (23 mai 2012)
- "Augmentation des cancers de la peau - Comment les prévenir et les détecter plus tôt ?", communiqué de l'InVS (Institut de Veille Sanitaire) (23 mai 2012)

mardi, 22 mai 2012

Consommation d'électricité: la France ne suit pas le courant

environnement,énergie,électricité,gouvernance,edfEn 35 ans, la consommation d'électricité dans le monde a été multipliée par 3. 

 

Mais le fruit des efforts constants pour enrayer cette  progression commence à payer car on observe depuis 2008 une légère diminution. En vérité, cet infléchissement s'observe surtout dans les pays développés car les pays émergents vont indéniablement contrecarrer ces efforts (consommation multipliée par 4 en Chine et par 2 en Inde depuis 10 ans et elles progressent). Toutefois, cela signifie qu'au moins en Europe, aux Etats-Unis ou au Japon, les efforts payent et on va dans le bon sens.

 

Enfin... disons que nos voisins vont dans le bon sens. Parce qu'en France, nous méritons un gros bonnet d'âne. En effet, l'université canadienne de Sherbrooke vient de publier une analyse démontrant que contrairement aux autres pays riches, la consommation électrique française est toujours aussi élevée.


En Allemagne, la consommation a chuté de 16% en 4 ans (voir le graphique). Et profitons-en pour casser une idée reçue: l'association Global Change rappelle que la fermeture de réacteurs nucléaires en Allemagne n'a pas conduit à l'augmentation de production d'électricité issue du charbon, au contraire: cette dernière  représente 24% de la production (chiffre 2009) contre 33% en 1991... Au Japon, la consommation a diminué de 18% depuis 2006, aux Etats-Unis, c'est une diminution de 16.5% depuis 2007...

 

Nous, nous stagnons lamentablement. Kyoto est sans doute passé par là car à se vanter de ne pas avoir à respecter d'objectifs trop durs grâce au nucléaire qui émet très peu de CO2, on a réussi le tour de force à maintenir le cap en se tournant les pouces. Et pendant ce temps là, notre exception culturelle française nous fait encore rater le train en route!

 

Il est donc grand temps de se réveiller et se mettre à suivre la tendance (puisque diminuer ses consommations, c'est possible, nos voisins y arrivent). Des gestes aussi simples qu'éteindre des ordinateurs, des imprimantes, des lumières, qu'on soit chez soi ou au bureau (ne pas hésiter en sensibiliser son employeur)... économiseraient environ 15% d'électricité à l'échelle nationale.

 

C'est comme je vous l'disais... des petits gestes... qui peuvent rapporter gros.

 

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Sources:
- "Consommation d'électricité: imiter les Japonais? c'est facile!", article paru sur Slate (21 mai 2012)
- Statistiques consommation d'énergie (kWh), Université de Sherbrook
- Panorama de l'électricité: consommation dans le monde, statistiques EDF
- "La consommation d'énergie en Allemagne et en France : une comparaison instructive", rapport de Global Change (mai 2011)

vendredi, 13 avril 2012

Réseaux sociaux & développement durable: servir et se servir

développement durable, communication, entreprise, gouvernance, réseaux sociaux, femmesD'un côté, nos modes de fonctionnement sont envahis par les réseaux sociaux. De l'autre, la notion de développement durable est omniprésente dans notre quotidien. Il arrive alors forcément que ces deux mondes se croisent. Reste la question de savoir comment. Partant de ce constat, le Réseau Femmes & Développement Durable(*) a organisé le 6 mars dernier une conférence sur "Les réseaux sociaux au service du DD et leurs usages par les professionnels".

 

Qu’il s’agisse d'utiliser les réseaux dominants, d’outils spécifiques ou de communautés dédiées, l'objectif était de faire le point sur ces nouveaux supports et apporter des éléments de réponses aux questions suivantes :

 

  •     Sous quelles formes s’articulent les réseaux sociaux autour du développement durable ?
  •     Quels sont les profils des utilisateurs et quels sont leurs attentes ?
  •     Quels liens les entreprises et les ONG peuvent-elles tisser avec ces réseaux ?
  •     Quels bénéfices attendre et quels risques en matière de communication?.


La conférence bénéficiait, entre autres, des retours d'expériences de Danone, du Crédit Agricole et du réseau international animé par l'ONG WiserEarth. Cet évènement a pu démontré que les notions de crédibilité et de transparence étaient à la base même de la relation entre l'entreprise et des consommateurs devenus de plus en plus initiés au développement durable, notamment au travers de nouveaux modes de consommations collaboratives. Le compte-rendu vient d'être publié, qui synthétise les critères clés à respecter pour les entreprises présentes sur les réseaux sociaux :

  •     être transparentes
  •     créer du contenu propre
  •     être à l’écoute
  •     accepter la conversation
  •     rester humble


Téléchargez le compte-rendu.


(*) A propos du Réseau Femmes & Développement Durable (FDD): réseau d'échanges professionnels, de partage d'expériences et de bonnes pratiques né en 2000, il s’est depuis constitué en association. Son objectif consiste, d’une part, à promouvoir un regard féminin sur toutes les questions liées à l’environnement, à la santé et, plus généralement, au développement durable. D’autre part, l’association s’attache à valoriser entrepreneuriat féminin et les actions menées en faveur du développement durable. C'est un réseau qui m'est d'autant plus cher que j'ai le plaisir de le présider. Pour en savoir plus sur l'asso: www.femmesdd.fr/about.html

mardi, 20 mars 2012

Un livreur écolo Vert chez Vous?

environnement, mobilité, déplacement, vélo, ville durableRegardez ce petit vélo (triporteur) à assistance électrique car il est en passe d'investir Paris en allant et venant entre une péniche sur la Seine et les quartiers parisiens!


Vert Chez Vous est né fin 2011 de la fusion de deux transporteurs, pour développer une offre de distribution urbaine propre. A l'heure actuelle, l'entreprise livre l’agglomération parisienne depuis son entrepôt de 12.000m² à la Porte de Pantin grâce à des véhicules GNV en milieu périurbain et quelques triporteurs électriques sur Paris. Mais d'ici quelques semaines, une révolution s'annonce!

 

L’opérateur va mettre en oeuvre une flotte de 18 vélos qui vont distribuer pas moins de 2500 à 3000 colis par jour, avec pour plateforme logistique... une péniche qui va avancer au fur et à mesure de la journée sur la Seine, tel un entrepôt flottant. Voyez plutôt les slides suivantes décrivant le principe de fonctionnement:

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jeudi, 26 janvier 2012

Les bananes au chlordécone: quand l'Etat "déconne"

environnement,santé, chlordécone, agriculture,pesticide,banane,gouvernanceLe jeu de mot était facile, mais il illustre surtout la réalité du scandale des bananes antillaises noyées 20 ans de trop d'un pesticide: la chlordécone. Le véritable responsable est notre Etat laxiste, année après année et tout bord politique confondu - ne l'oublions pas en ces temps d'élections. Soupçonné dès les années 60 d'être dangereux pour la santé (avec un risque accru du cancer de la prostate), les Etats-Unis ont retiré ce pesticide dès 1977. Mais il faudra attendre... 1993 pour que la France en fasse de même.

 

Ce scandale n'a véritablement émergé qu'au début des années 2000, quand des campagnes de mesure ont montré des taux inouïs de contamination des sols (jusqu'à 100 000 fois les normes admises pour l’eau) et une accumulation dans les végétaux, la chair des poissons, les graisses animales ou encore les produits laitiers.


Or, la durée de vie de la chlordécone est longue: suivant le contexte environnemental, plusieurs dizaines d’années sont nécessaires à l'élimination de la moitié du produit, soit 60 à 700 ans pour une dépollution naturelle des sols.

 

Pour en savoir plus, je vous invite vivement à lire l'article d'un médecin, Borée de son pseudo (qui édite le blog éponyme à mettre en favori!) : "Sinistres Tropiques". Mais avant.... j'attire votre attention sur la morale additionnelle du jour: si la toxicité de la chlordécone en elle-même semble modérée sur le foie, combinée à certains solvants, elle augmente leur toxicité jusqu'à... 6700 %.

 

Voilà pourquoi face à la plupart des industriels vous collant des produits de synthèse sous le nez (à commencer par les parfums de synthèse, les cosmétiques, etc.) en affirmant qu'aucun produit n'est dangereux, restez vigilant! En chimie, 1+1+1 est bien souvent égal à 100, ou 10.000 ou bien pire que cela. Moralité: évitez de cumuler 50 ingrédients dans un produit ou de diffuser des parfums qui se cumulent aux émanations de votre mobilier/déco...

lundi, 23 janvier 2012

Quand la médecine du travail rejette 3 millions d'actifs

environnement, santé, bien-être, entreprise, gouvernance, travail, médecineIls sont 3 millions d'actifs sur les 28 millions que compte la France, soit 10,5% des actifs délaissés par la médecine de travail, qui ne bénéfient d'une protection qu'au prix fort, sans aucune surveillance, sans suivi. Exit les visites obligatoires, la prévention, les conseils, le soutien psychologique et... bien sûr, on oubliera les arrêts.

 

Eux? Ce sont les 3 millions de dirigeants, pour l'essentiel des petits patrons de TPE constituant plus de 95% des entreprises en France...

 

Pourtant en tant qu'employeur, dès que vous embauchez, la médecine du travail vous saute dessus pour que vous cotisiez. Je trouverais cela normal si ce n'est que quelle que soit la date d'embauche, vous payez plein pot pour l'année en cours (comme ces 12 mois de cotisation pour 2 mois effectifs, en vous affirmant qu'on vous a emailé des convocations jamais reçues - donc zéro travail effectué - véridique). Par contre, le jour où un nouveau salarié signe un contrat puis se met en arrêt maladie, vous n'avez que vos yeux pour pleurer... et personne ne vient contrôler quoi que ce soit.

 

Tout cela, c'est du vécu. Le stress engendré aussi. Mais là, pas de visite obligatoire, l'Etat n'a institué aucune formalité pour s'assurer du bien-être des dirigeants et suivre leur état de santé. Or, l'employeur qui dirige a bien du mal à admettre d'éventuels problèmes de santé et surtout, à les faire connaître. Voilà bien un sujet tabou dans une France qui surmédiatise le suicide des salariés dans l'entreprise (un mal-être ne doit jamais être négligé, mais je vous invite à lire l'analyse sur le taux réel de suicides chez France Telecom).

 

Olivier Torrès, qui a créer Amarok, l'observatoire de la santé des dirigeants de PME, parle d'ailleurs des 3D: dépression, dépôt de bilan, divorce, auxquels s'ajoute parfois un quatrième, le décès. Des fois, je me dis qu'il faut être bien maso en France pour devenir entrepreneur: pas de filet (exit les indemnités chômage ou arrêt maladie), pas de santé sans payer le prix fort, pas le droit de louer (vous ne présentez pas les garanties d'un salaire)... bref, juste le droit d'être libre de votre emploi du temps, de ne plus subir de pression hiérarchique et d'être gratifié directement par votre travail. Je n'ai jamais regretté d'avoir créé mon entreprise (et d'être associée dans une autre). Mais je me dis tout de même que la note est sacrément salée en France.

 

La crise touche AUSSI de plein fouet les entrepreneurs. J'en connais qui sont tombés et en souffrent en silence. Mais pour eux, il n'y a pas de médecine du travail. Que vaut une nation si elle s'accorde sur la nécessité de protéger la santé des salariés mais pas de ceux qui les encadrent et les dirigent? Non, la plupart des patrons ne sont pas le diable et le bien-être social est une des clés essentielles du développement durable. Il serait temps d'en prendre conscience.

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Sources:
- "28 millions d'actifs en France", site d'Emploi pro (18 janv. 2010)
- "La santé du dirigeant, premier capital de la PME", L'Entreprise (29 avril 2010)
- Amarok, observatoire de la santé des dirigeants de PME, commerçants et artisans