jeudi, 17 novembre 2011

Toilettes sèches, la règlementation sèche.

environnement, eau, assainissement, règlementation, gouvernance, toilettes sèchesVous avez peut-être entendu parler de toilettes sèches, mais savez-vous qu’il a fallu attendre fin 2009 pour légaliser officiellement leur existence ? Petit retour sur une épopée juridique clochemerlesque en collaboration avec mon blogueur invité, Romain Laventure, juriste en environnement.

 

Tandis que cela fait des années que des toilettes sèches sont installées en France (elles étaient même à l’honneur lors de la Coupe du Monde de Rugby en 2007 en France), le vide juridique brillait, doublé de menaces de sanctions financières de l’Europe dont nos gouvernements (tous bords confondus) ne se vantent pas.

 

En effet, dès 1992, le Directive européenne (91/271/CEE) relative au traitement des eaux urbaines résiduaires est transposée en droit français (loi sur l’eau du 3 janv. 1992)… du moins partiellement. Résultat en 2004, l’Etat français est accusé par la Commission Européennes (1) de ne pas avoir correctement traduit en droit interne la Directive : notre pays a mal distingué les zones nécessitant une protection spéciale, les "zones sensibles au titre de l’eutrophisation" (2) et mal encadré le traitement des rejets d’eau urbaine résiduaire des agglomérations de plus de 10.000 habitants.

 

Au final, il faut attendre un arrêté de 2009 (3), soit près de 18 ans plus tard, pour voir poindre le premier texte autorisant de manière claire les toilettes sèches (sans sous-entendre un mécanisme de toilettes à eau comme jusqu’alors): "Les toilettes dites sèches (sans apport d'eau de dilution ou de transport) sont autorisées, à la condition qu'elles ne génèrent aucune nuisance pour le voisinage ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines. (…) Les sous-produits issus de l'utilisation de toilettes sèches doivent être valorisés sur la parcelle et ne générer aucune nuisance pour le voisinage, ni pollution."

 

Cependant, cet arrêté est accompagné de vraies contraintes juridiques rendant la mise en œuvre de toilettes sèches particulièrement difficile puisque les sous-produits doivent être valorisés sur la parcelle. En d’autres termes, cette méthode reste inaccessible à tout bâtiment ne disposant pas de jardin ou de cours suffisamment grande pour faire du compost sur place. Inutile de penser à équiper votre appartement…

 

Pour en savoir plus sur les toilettes sèches, je vous recommande d’explorer la rubrique dédiée du site de l’association "Toilettes du Monde" : www.toilettesdumonde.org

 

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Sources:

(1) Recours contre la France pour "manquement d’Etat", arrêt de la Cour

(2) Augmentation de la masse des débris organiques et nutritifs dans une eau stagnante, qui entraîne une baisse de la quantité d'oxygène dissous.

(3) Arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions techniques applicables aux installations d'assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5

Portail de l'Assainissement non collectif, site du Ministère de l'Ecologie
- Photo: toilettes publiques, aire d'autoroute en Suède (source: wikipedia)

dimanche, 16 octobre 2011

Sous les pavés, un gisement... 1ère mine urbaine à La Défense

environnement, déchets, entreprises, matériaux

Ca pourrait être une blague et pourtant... la SEMU (Société d'Exploitation des Mines Urbaines) s'est implantée il y a quelques jours au coeur de la Défense, le quartier d'affaire parisien. Société spécialisée dans l’exploitation des ressources stratégiques urbaines, il semblerait qu'elle ait obtenue les autorisations pour un petit forage au milieu du parvis

 

En effet, le site de Defacto – EPGD (Etablissement Public de Gestion du quartier d’affaires de La Défense) précise que le gisement visé devrait s’avérer riche en "nouvelles ressources stratégiques pour l’industrie de haute technologie". Difficile d'imaginer de quoi il s'agit quand on connait la constitution calcaire du bassin parisien... Ceci dit, des compagnies américaines se sont déjà alliées pour exploiter des gisements non conventionnels de pétrole (voir l'article du Figaro). Ce ne serait donc pas une première...

 

Pour en savoir plus, je vous invite à revenir dès demain sur le blog car une réunion publique d’information doit se tenir lundi 17 octobre à partir de 12h30. Je ne manquerai donc pas de vous tenir au courant!

mardi, 11 octobre 2011

Les Bishnoïs (2ème partie): lutter contre le plastique

environnement,développement durable,déchet,plastique,inde
Khamu Ram collectant les plastiques, images extraites du
documentaire "Rajasthan, l'âme d'un prophète" - F. Vogel et B. Ségur

 

Suite de l'article "Les Bishnoïs (1ère partie): 525 ans d'éveil à l'écologie"

 

Comme je vous le décrivais hier, le respect de la nature, qu'il s'agisse de l'arbre ou de l'animal, est au coeur même de la philosophie et du mode de vie de la communauté Bishnoï - un engagement qui a marqué à jamais l'histoire indienne.

 

C'est en 1730 en effet que le Maharadjah de Jodhpur, qui souhaitait faire construire un nouveau palais, envoya une armée pour abattre les arbres des forêts avoisinantes. Or, celles-ci appartenaient aux Bishnoïs et, suivant leurs 29 préceptes (voir 1ère partie), il était interdit de les couper. L'une des villageoises, Amrita Devi, décida donc de s'enlacer au tronc et fut décapitée. Mais ses filles l'imitèrent, puis son mari et des habitants de villages alentours car ils pensaient que l'armée finirait par abandonner. 363 Bishnoïs périrent ainsi jusqu'à ce que le Maharadjah mit fin au carnage. Pour honorer leur courage, les terres des Bishnoïs devinrent sacrées et désormais, nul étranger à leur religion ne doit enfreindre les 29 règles.

 

Mais près de 300 ans plus tard, les Bishnoïs peinent à respecter la nature comme ils le voudraient. La menace arrive directement de nos sociétés de consommation (comme d'habitude...) et un mot résume à lui seul le fléau qui les accompagnent: le plastique.

 

Des morceaux de plastique envahissent les terres des Bishnoïs, s'accrochant aux arbres et jonchant le sol... Un homme, perçu comme exentrique par sa propre communauté, a pourtant décidé de lutter: Khamu Ram Bishnoï. Entre collecte du plastique et éducation de la population, sa détermination voit naître un nombre grandissant de soutiens. C'est ainsi qu'il a été amené à rencontrer la romancière Irène Frain et le photographe Franck Vogel. Tout a commencé par une expo photo dans le métro à Montparnasse (Paris), puis un documentaire (voir la 1ère partie de l'article) et un livre "La forêt des 29". Désormais, Franck prépare un projet de recyclage du plastique, inexistant dans cette région de l'Inde, pour transformer le plastique collecté. Une nouvelle expo photo est prévue à la station Luxembourg (Paris) courant novembre. Je tâche de vous tenir au courant!

 

Et savez-vous comment ce plastique est récupéré? Grâce à des poubelles en jute, montée sur des cerceaux métalliques (voir photo ci-dessus). Toute ressemblance avec nos poubelles de métro est normal... c'est en venant à Paris lors de l'inauguration de l'expo photo que Khamu Ram les a découvertes, reproduisant ainsi un modèle similaire très simple à mettre en place - en remplaçant le sac plastique par une toile de jute, nettement plus écolo.

 

Comme quoi, le Nord peut aider le Sud de la manière la plus inattendue possible... il ne reste plus qu'à s'inspirer des préceptes Bishnoïs dans nos modes de vie.

 

environnement,développement durable,déchet,plastique,inde
Irène Frain, Khamu Ram Bishnoï et Franck Vogel aux Ateliers de la Terre.

 

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lundi, 10 octobre 2011

Les Bishnoïs (1ère partie): 525 ans d'éveil à l'écologie

environnement,développement durable,nature,animaux,biodiversité,plastique,déchet

Il y a des rencontres qui vous bouleversent. J'évoquerai aujourd'hui celle avec Khamu Ram, représentant de la communauté Bishnoï. La semaine prochaine, je vous parlerai d'Huru et Ninawa, chefs indigènes du Brésil.

 

Imaginez un peuple qui mettrait tout en oeuvre pour vivre en harmonie avec la nature et le monde animal, sans être particulièrement isolé de nos civilisations modernes et des tentations de nos sociétés de consommation. Loin d'être un doux rêve, ce peuple a un nom: les Bishnoïs. Cette communauté, forte de 600 à 800.000 membres, vit au Rajasthan, au Nord-Ouest de l'Inde, dans le respect des 29 commandements des Bishnoïs édictés par Shri Guru JambhoJi en... 1485. Oui, il y a plus de 5 siècles. Mêlant écologie, respect d'autrui et propreté, ces préceptes sont époustouflants de modernisme, littéralement visionnaires. Jugez plutôt à la lecture des 29 règles Bishnoï (source: Wikipedia):

1. Observer une mise à l'écart de la mère et du nouveau-né pendant trente jours après l'accouchement (pour éviter des infections et à cause de l'éventuelle fatigue de la mère).
2. Ecarter la femme de toute activité pendant 5 jours lors du début de ses règles (pour ne pas la fatiguer et respecter une certaine hygiène).
3. Prendre un bain chaque matin.
4. Maintenir la propreté externe du corps et interne de l'esprit (par un comportement et des sentiments humbles, sans animosité, par la santoshi (satisfaction de ce que l'on a), etc.)
5. Prier deux fois par jour
6. Chanter l'arti (hymne au Seigneur) chaque soirée.
7. Offrir l'oblation (offrande) quotidienne au feu saint avec un cœur rempli de sentiments de bien-être pour tout être vivant, d'amour pour Mère Nature et le monde entier et de dévotion au Seigneur.
8. Employer l'eau filtrée, le lait et le bois de chauffage soigneusement nettoyé (pour éviter que des insectes soient tués ou brûlés).

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mardi, 13 septembre 2011

Joliprint: Transformez vos pages web en beaux pdf

environnement,papier,informatique,internet

Générer des pages en pdf grâce à des services en ligne n'est pas nouveau. Mais générer des pdf présentés comme un bel article, clair et agréable à lire, c'est désormais possible en un seul clic grâce à Joliprint. Vous trouverez donc désormais une icône en bas des articles du blog permettant de générer un pdf d'un clic. Mais ce n'est pas tout! Avec Joliprint, vous pouvez:

 

-Insérer une extension dans votre navigateur (firefox, chrome ou internet explorer) pour générer un pdf en un clic de la page que vous visitez (idéal pour archiver un article de blog ou de presse): obtenir le plug-in
- Insérer un bouton sur les blogs, pour les plateformes blogger, wordpress et typepad. Sinon, il faut bidouiller car joliprint ne gère pas encore très bien la génération en pdf d'un article en haut d'une page d'accueil (il faut être sur le lien permanent et non en page d'accueil pour que le script en footer fonctionne - en tout cas chez moi. Les geek comprendront)
- Générer la page d'un lien en pdf en un twit (donc via twitter): suivre les instructions
- Générer un e-book combinant jusqu'à 10 liens dont les pages ont été transformées en pdf: suivre les instructions

 

D'un point de vue environnemental, cela présente un double avantage:

Une lecture facilitée: un pdf clair et aéré peut s'avérer moins fatiguant pour les yeux, notamment quand le site d'origine est fouilli. L'environnement, c'est aussi la santé, ne l'oublions pas.
On peut partager et/ou archiver un article facilement dans son ordinateur. Du coup, on est moins tenté de l'imprimer - une solution fréquente pour l'internaute lambda qui veut conserver un article car les solutions à sa portée sont peu satisfaisantes (enregistrement de pages html peu pratique, mise en favori avec risque de ne plus accéder à son article ou texte copié-collé dans word avec un formatage horrible).


Dommage au final que Joliprint ne se nomme pas Jolisafe car il est vraiment génial pour archiver des articles (mais imprimer le pdf qui conserve les illustrations n'est pas terrible pour le coup...). Ah et... cerise sur le gâteau, malgré un site tout en anglais, ce service est développé par Wedia, une société française. Cocorico!

 

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lundi, 11 avril 2011

Nos déchets de vacanciers

environnement,développement durable,tourisme,déchetsAvec l'arrivée des beaux jours ensoleillés, les préparatifs des vacances d'été battent leur plein. Je pourrais toujours vous dire "mon dieu! Au nom de votre sacro-saint bilan carbone, ne prenez pas l'avion!", ce serait plutôt hypocrite au vu des images de rêve filmées par Nicolas Hulot et Yann Arthus Bertrand ou les vacances de noces de Cécile Duflot aux Maldives.

 

Les Maldives. Parlons-en. L'explosion des complexes hoteliers (occupant la moitié des 200 îles habitées de l'archipel) a obligé à gérer subitement des tonnes d'ordures. Fautes de recyclage et d'incinérateurs adaptés, les 330 tonnes de déchets quotidien sont pour la plupart entassés sur des îles bien cachées des yeux des touristes. Plutôt qu'un long discours, je vous laisse découvrir le documentaire de France 5 (clic sur l'image).

 

Doit-on alors s'interdire d'aller au Maldives?

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lundi, 28 février 2011

15 mars: Conférence "Ville de demain = ville qui respire, quelle maîtrise des flux pour une ville durable?"

 

environnement, ville durable, énergie, déchet, transport, gouvernance

Parce que des villes comme Paris sont aujourd’hui parmi les plus denses du monde, dans un contexte où 74% des Européens vivent en ville, maîtriser les flux qui participent au fonctionnement urbain (transports, énergie...) devient un enjeu majeur de l’aménagement des territoires. Pour comprendre ces enjeux et anticiper la ville de demain, le Réseau Femmes & Développement Durable (dont je suis membre) organise la conférence "Ville de demain = Ville qui respire. Quelle maîtrise des flux pour une ville durable?" qui aura lieu à Paris le 15 mars, de 18h45 à 21h. Directeurs développement durable, élus et chercheurs viendront partager leurs points de vues et leurs recommandations. 

 

Télécharger le programme

L'entrée est libre sur inscription (nom et coordonnées à envoyer par mail: femmesdd[at]gmail.com).


Notre réseau

Le Réseau Femmes & Développement Durable rassemble des professionnelles ayant pour objectif l'échange de savoir, avec un regard féminin sur les questions liées au développement durable. Notre dynamique repose avant tout sur le partage et la mutualisation des ressources dans un espace libre de dialogues et d'opinions. En savoir plus: http://femmesdd.hautetfort.com

lundi, 14 février 2011

Consommer sans piller la planète: Capital Terre, mercredi 16 février

Combien de kilo de vêtements en coton avons-nous dans nos placards? Savez vous que pour chaque kilo de coton produit, il a fallu pas moins de 11.000 litres d'eau? Quand on sait qu'il se vend pas loin de  2 milliards de jeans par an dans le monde (soit le tiers de la consommation annuelle totale d'eau en France), on comprend mieux pourquoi la mer d'Aral s'est asséchée suite à l'intensification des cultures de coton en Ouzbekistan et pourquoi le désert avance dans certains régions chinoises qui ont fait le même choix...

 

L'émission de M6 Capital Terre a donc décidé de décrypter l’impact de notre consommation sur la planète à l’ère du tout-jetable. Rendez-vous sur M6 mercredi 16 février, à 20h45 pour un tour d'horizon allant de l'Europe à la Chine, en passant par l'Afrique... avec quelques lueurs d'espoirs à la clé, comme cette usine qui arrive à produire du carburant à partir de plastique ou ces pantalons en fibre d'orties.

Rappelez-vous, la clé n'est pas de s'interdire de consommer, mais de consommer autrement, en créant du plaisir avec moins de matériel, tout simplement. D'ici là, voici un extrait de l'émission.

 

vendredi, 07 janvier 2011

L'Art du recyclage: du déchet au design

Meilleurs voeux à tous! Pour ce premier article de l'année, j'ai eu envie de vous faire partager quelques oeuvres d'artistes qui ont en commun de recycler des objets, voire des déchets. Et le résultat est souvent fascinant! N'hésitez pas à rajouter en commentaire d'autres artistes que vous connaissez qui font eux aussi du recyclage.

 

elephant metal.jpgPour commencer, voici le designer Andrew Chase, qui a fait une mini série animalière en métal recyclé, dont voici l'éléphant. Pour en savoir plus sur l'artiste: www.andrewchase.com

 

 

 

 

 

 

 

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lundi, 16 août 2010

Lutter contre les déchets: stop aux bouteilles à la mer

Une vidéo diffusée par le Ministère dans le cadre du Grenelle de la Mer... une approche que je trouve bien trouvée pour sensibiliser aux déchets qui polluent les océans. A diffuser.

 


Mdd tv: Déchets en mer

 

Pour rappel (comme l'indique la vidéo à la fin):

  • 6,4 millions de tonnes de déchets sont déversés dans les mers et les océans
  • 1 million d'oiseaux et 100.000 mammifères marins sont tués par les déchets (et n'oublions pas non plus les innombrables tortues marines).

 

Alors n'oubliez pas: l'important, c'est de ne pas participer!

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